mercredi 30 septembre 2015

transmission des savoirs



INTRODUCTION


Notre travail consiste à parler de «  rituels de médiation des savoirs » de la tribu d’un chacun. Pour ce, nous avons choisi de parler du peuple Ngombe de l’ethnie Bangala dans la province de l’Equateur dans son rite de l’initiation des jeunes « Isango ».

Nous voulant, en écrivant ce travail, que  tout celui ou celle qui le lira apprenne  quelque  chose sur la culture ngombe qui fait également parti de la connaissance de la culture du pays , car notre pays la RDC est un Etat pluriethnique et pluri tribale d’où il est multiculturel ;pour dire que si nous voulons connaitre sa culture nous devons d’ abord nous connaitre nous –même entre nous ;  l’autre raison est que le vent de  la mondialisation apporte ses bienfaits et ses méfaits sur la culture du nègre qui est entrain de perdre petit à petit son identité culturelle  au profit de celle de l’occident (qu’ on juge d’être meilleure et supérieur ) jusqu’ à même  à pousser le nègre à rejeter son histoire, or , nous le savons bien , qu’un peuple sans histoire est un peuple sans âme ;il n’ aura d’ ailleurs  pas de la valeur devant un autre peuple qui possède son  histoire .Voilà les raisons qui nous pousse à élaborer ce travail  
 Notre travail sera structuré en deux chapitres. Le premier va porter sur la théorisation de la médiation des savoirs. Le deuxième chapitre va porter sur l’implication de la médiation des savoirs chez les ngombe par « Isango». Ce rite  a été transmis oralement de bouche  à l’oreille, de génération en génération jusqu'à nos jours.

 





 



CHAPITRE I : LA THEORISATION DE LA MEDIATION DES SAVOIRS


Nous voulons, dans ce chapitre, théoriser l’intitulé du cours (la médiation des savoirs). Avant d’y arriver nous allons expliciter les différents concepts qui constituent notre introduction en vue d’aider nos lecteurs à une bonne compréhension. Ces différents concepts sont : la culture, la tribu, la médiation et les savoirs.

            I.1. La culture


La culture au sens anthropologique ou sociologique a été définie de façon variée mais en se référant toujours à un objet vaste. C’est d’abord à l’anthropologie dite culturelle que l’on doit les premières définitions à prétention scientifique : pour Tylor est culturel « tout complexe englobant les connaissances, les croyances, l’art, la morale, les lois, les coutumes et les autres capacités acquises par l’homme en tant que membre de la société[1].
Le sociologue canadien Guy Rocher propose une définition canonique de la culture au sens des sciences sociales, pour dire qu’elle est constituée des « manière de penser, de sentir et d’agir, plus ou moins formalisées qui étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière subjective et symbolique, à constituer une collectivité particulière distincte »[2].
            C’est un ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent un groupe, une société par rapport à une autre. Ensemble des convictions partagées, des manières de penser et d’agir qui orientent plus ou moins consciemment le comportement d’un individu ou d’un groupe. Ensemble des connaissances acquises dans un ou plusieurs domaines.[3]

I.2. TRIBU


Est un groupement de familles ou de clans vivant sur un territoire déterminé, doté d'une langue, d'une culture et d'une organisation sociale spécifiques.

I.3. MEDIATION DES SAVOIR

Un medias est un canal par le quel passe un message, la médiation  des savoirs est alors  comprise ici comme la manière dont se transmet un savoir dans un milieu  

CHAPITRE II : LE RITE DE MEDIATION DES SAVOIRS CHEZ LES PEUPLES  NGOMBE

II.1. BREVE PRESENTATION DE LA CULTURE NGOMBE


Dans cette section, il est question de faire une brève présentation de la culture « ngombe », en ce qui concerne son origine, son histoire et la population qui la constitue. Les ngombe  sont un peuple  adorant la danse, la musique et les proverbes. A travers ses derniers, ils trouvent les moyens faciles de donner la formation et l’information, de transmettre les messages, d’évoquer les esprits, d’éduquer et de sanctionner. En ce sens, la médiation des savoirs chez les ngombe  passe à travers ces différents moyens de transmissions des messages. A travers celle-ci ils prodiguent des conseils, ils informent des événements joyeux tout comme  malheureux,

I.1. Historique du peuple Mongo

 

Nous retrouvons les ngombe , plus précisément dans  la province de l’Equateur, Leur histoire est un peu compliqué car elle est plus connue oralement . certains disent qu’ils sont venus du Soudan , ont traversé le Cameroun et la RCA pour arriver au nord de la RDC où ils ont eu à lutter contre les Mongo pour occuper les régions de Bolomba ,Lisala ,Bongandanga ,Bosobolo, Mongala etc.


[1] BOURDIEU, P., et PASSERON J-C., Les étudiants et la culture. Paris, Les Editions de Minuit, 1964, p.11
[2] Idem
[3] Ibid, p293



















I HISTORIQUE DU PEUPLE NGOMBE
Ce chapitre expose le peuple ngombe  dans son origine, dans l’organisation de sa société bref son mode de vie à l’époque précoloniale et de nos jours.
I.1 Situation géographique
Les ngombe sont un peuple vivant principalement des la province de l’ Equateur c’est –à-dire dans le Nord –Ouest de la RDC.
La vie de ce peuple d’ eau[1] est étroitement liée à celle du fleuve congo. Les ngombe sont souvent assimilés aux bangala ,appellation que l’on donne à tous les habitants limitrophes du fleuve de l’Equateur. On les retrouve principalement dans les regions de :Lisala ,Bolomba ,Mongala ,Basankusu ,Bongandaka etc .
Certains racontent qu’ils font parti des premiers bantous qui vivaient en foret humide et s étaient adaptés au milieu de la savane en s’étendant vers le sud du Cameroun , soudan et au Gabon suite aux conflits des chefs ethniques.Ainsi ,après avoir fait des très longues marches ,des guerres entre les ethnies habitants le Nord du pays ,ils atteindront le bassin de la Mongala ,Lisala,,etc. où ils ont crée un veritable foyer jouant le rôle de lieu de rassemblement des plusieurs tribus au début de la seconde moitié du 19è siècle ; c’est ici qu’on verra les ngombes se diviser en plusieurs groupes et prenant les différentes directions . Les uns descendent plus au sud de l’Equateur où ils installent à Bongandanga et à Basankusu , les autres prendront la direction de la cuvette centrale chassant devant eux plusieurs groupes mongo jusqu’ à s’installer à Bolomba .L’occupation des ngombe fut un processus d’ une longue durée, Ils sont les derniers venus par rapport aux ngbandi , ngbwaka, libinza et surtout  les pigmées .
NB :les ngombe sont dangerux et guerriers .Une mauvaise chose dans la quelle ils excellent( c’est la magie.)
I.2 Caractéristiques anthropologiques .
Les ngombes ont une taille  normale mais on peut trouver ceux qui sont très élancés.


I .3 Structure politique et sociale
Les ngombes qui occupaient près de 2 /5de la population de l’Equateur  , depuis les migrations sont un peuple qui accorde une grande valeur au chef coutumier  appelé « kumu ».Celui-ci avaient un pouvoir absolu , héréditaire et sacré car il était considéré comme l’intermédiaire entre les vivants et les morts .En d’ autres termes  c’est le kumu qui savait prévoir le danger ou le malheur qui guettaient la société pour le bien être de sa population ,il incarnait même la sorcellerie dite « protectrice »du village. Le kumu  jouait à la fois le rôle de griot et de guérisseur en même temps avec le pouvoir d’esprit ancestral .
La société ngombe était  très hiérarchisée , elle était divisée en classe sociales sociales bien respectables à savoir :
§  La classe des ainés  de la famille qu’on appelait « nsomi »qui sont des heritiers ,la priorité leur était accordée.
§  La classe des gardiens des coutumes :ils sont choisis uniquement selon certains critères coutumiers .L ‘ âge n’est pas une condition essentielle
§  La classe des oncles et des neveux appélés « noko » :un malheur frappait parfois le village lors qu ‘ils se sentaient pas satisfaits dans leur demande
                                     I.4 Langue
Leur langue est le ngombe,une langue dont les locuteurs sont à 150.000 en 1971[2]
I.5 Régime alimentaire
Le régime alimentaire des ngombe se caractérise par la prédominance féculent ,parmi ce , le manioc occupe une place de choix. La consommation de la viande de l’ élevage est très réduite .La viande de bœuf n’est presque pas consommée dans leurs milieux .La consommation de produit de pèche et de chasse est très élevée (poisson ,tortue ,crocodile , serpent ,l’ anguille etc.).



                           I.6 L’art
On trouvait rarement la sculpture chez les ngombes. Les maisons étaient construites en argile, en bois ,et en paille. C’est avec l’arrivée de l’homme blanc qu’on a commencé à construire des maisons en briques cuites.  
Pour ce qui est de la musique , chacune d’elles étaient significatives. Entre autre :
§  Le  ikpeti : chantée soit pour commémorer un gardien des coutumes disparu ,soit pour honorer une personne de grande valeur ,un dignitaire de la vie .IL faut également noter  que cette musique était accompagnée d’un sacrifice humain ,très souvent dans le passé ,il était question d’égorger un esclave en public ,mais avec l’arrivée des missionnaires ,l’esclave a été remplacé par une chèvre.
§  Le manku : chanté uniquement par les femmes pour se souvenir d’un bien fait venu dans la famille
§  Le isango : pour la fin d’une période d’initiation  ‘intronisation était uniquement réservée aux jeunes filles qu’ on considéraient comme des petites reines honorées et interdites de tout travaux.
§  Le Bwaé : pour la  sortie de la jeune fille qui venait d’accoucher pour la première fois après avoir été retraitée pendant des mois  .
§  Le mosingo : chantée par les hommes appélés « nganga »dans l’idée de chasser le malheur en invoquant l’esprit des ancêtres pour qu’il apporte le bonheur.
I. 7 Le sport
Les hommes pratiquaient la lutte , le lancement de javelot et la course aux pirogues et les femmes elles , jouaient à la rivière ,chantaient , tapaient l’eau et faisant résonner  les sons de tombour et de tam-tam.
I.8 Quelques petites inventions traditionnelle
Le ngombe excellait dans l’art de fabriquer des pirogues qui servait au moyen de transport à tout le monde  .Ils fabriquaient également leur tam-tam , le lokolé ,la corne(mopaté) , likembe ,la ngong etc. Le ngombe utilisait egalement le cuivre pour fabriquer les armes de chasse tels que le ngbange ou ikonga(lance),le likpangola ou ngwa :cette machette n’ était pas comme toutes les autres .cette épée était grand et gardée dans sa housse fabriquée en peau de bête   et ne  le sortait qu’ en cas de problème et au cas où la machette aurait été sortie , elle ne devait pas retourner dans la maison sans  avoir blessée quelqu’un et si l’épée n’ a pas peu blessé quelqu’ un , la personne qui  l’ a sortie  devrait se blesser lui-même avec sinon il est sujet de moquerie aux yeux de tous .
I.8. Education à la vie
La transmission des savoirs se faisait selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçons. Pour dire que le critère sexuel était le fondement à l’éducation à la vie . les jeunes adolescents étaient regroupés par les vieillards dans la savane et les jeunes filles par les veille mère.

I.9 Economie
Elle était basée sur l’agriculture mais beaucoup plus la pèche et la chasse pratiquées sur les rives et font du commerce en amont et en aval [3].L ‘échange se faisait au moyen de troc ; c’est seulement avec l’arrivée de l’homme blanc qu’il y a aura la monnaie.
I.10 Funérailles
Les ngombes respectent beaucoup les morts et croient à la survie après la mort .Le deuil d’une personne ordinaire durait 7jours et celui d’un chef coutumier 40jours .Comme ,les ngombes croyaient à la survie après la mort ,le chef coutumier était enterrait avec un esclave qu’on égorgeait ou qu’on enterrait vivant pour qu’il ait le servir .Il reste à vérifier si cette pratique est toujours d’usager avec l’évolution de temps
L’homme ou la femme qui perdait son conjoint  avait la tête  rasée et ne se lavait pas jusau’au jour de l’enterrement du defunt ,son alimentation était controlée.  Avec le temps beaucoup des coutumes ont disparu , d’autres tentent  encore à disparaitre surtout avec l’arrivée des missionnaires qui les conscientisaient et dans ce que ces coutumes avaient de négatif  et surtout que beaucoup portaient atteinte au droit de la personne .C’est ainsi que le ngombe avait décidé d’abandonner certaines coutumes et pratiques néfastes pour soit le remplacer par un rite religieux ,soit il ne le pratique pas seulement.


II La présentation du rite « Libota Lboso » chez les ngombe
Ce rite est pratiqué à l’intention d’un premier né dans la famille. La femme qui vient d’accoucher et internait pour une période de 6 mois .Pendant ce temps ,elle est encadrée par les femmes expérimentées qui prennent soin de son bain quotidien .Durant cette  période ,la mère est embellie de façon qu’ à sa sortie elle attire le regard de toute la communauté ;elle est egalement soumise à un régime alimentaire :elle est nourrit à base de potage ,feuillage ,gibier ,poisson frais et fumés pour son bien être  et  celui de l’enfant ,elle est également nourrie des bananes plantains ,feuilles de manioc ,papaye ,patate douce .
A la sortie , la jeune mère est vêtue de rapia .A l’époque précoloniale ,il n’y avait que ca  comme habit et cet habit ne couvrait que le sexe, les seins et toute  la poitrine  étaient livrés au spectacle des yeux ;mais si actuellement le femmes mettrait un rapia c’est tout simplement pour montrer leur attachement à la coutume .
Elle est maquillée à l’aide de la poudre naturelle appelée « ngola », qui est le symbole de la protection de la mère et de l’enfant contre les attaques mystiques.
Elle est tatouée et porte deux plumes à la tête , symbole de dignité .
Les cloches faisant du bruit  lui sont attachées à la cheville pour que tous les membres de la communauté lui reconnaissent  de loin à sa sortie.
On lui applique également l’huile de palme qui la protège contre les irritations de la peau et surtout contre d’autres attaques mystiques .
Le rite de premier né est un rite d’intégration parce que la jeune femme quitte le statut de simple épouse vers celui de la jeune mère .Ainsi sa belle famille a l’obligation de la traiter avec beaucoup de respect car désormais elle est devenue mère d’une postérité .Ce rite est un rite exclusive parce qu’il est seulement réservé aux femmes qui viennent d’accoucher d’ un premier né .A la fin de tout , un grand festin est alors organisé (des danses , chants , vins etc.) en honneur de la femme et de son bébé dans le quel tout le village devrait y participer .La mère devra circuler a travers tout le village pour se faire voir aux cieux et aux yeux de tous qu’elle est là après n’avoir pas été là pendant des mois .Les membres du village offrent des présents pour la souhaiter bienvenue à elle et à son  bébé.     


Conlusion
Notre travail  a porté sur les savoirs transmis derrière le rite « libota liboso » chez les ngombes . ce rite comme nous l’avons dit est uniquement réservé aux femmes qui viennent d’ accoucher de leur premier  né. Ce rite renferme plusieurs symboles selon le signe qu’ on utilise sur le corps de la mère ou  du nouveau  né. Elle permet d’intégrer la nouvelle maman à la communauté des mères c’est la chose la plus importante qui soit pour ce rite.



















Bibliographique
1 Burssens ,Les Peuplades de l’ entre Congo Ubangi,Musée royal de Belgique ,Tervuren,1958,219p.


2 Olson J.C ,The people of Africa ,1996,p.433

 Webographie

www.publication de Morice Mondengo sur les ngombes



[1] Burssens ,Les Peuplades de l’ entre Congo Ubangi,Musée royal de Belgique ,Tervuren,1958,219p.
[2] Olson J.C ,The people of Africa ,1996,p.433
[3] www.publication de Morice Mondengo sur les ngombes

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