INTRODUCTION
Notre
travail consiste à parler de « rituels de médiation des savoirs » de la tribu
d’un chacun. Pour ce, nous avons choisi de parler du peuple Ngombe de l’ethnie
Bangala dans la province de l’Equateur dans son rite de l’initiation des jeunes
« Isango ».
Nous
voulant, en écrivant ce travail, que tout celui ou celle qui le lira apprenne quelque chose sur la culture ngombe qui fait également
parti de la connaissance de la culture du pays , car notre pays la RDC est un
Etat pluriethnique et pluri tribale d’où il est multiculturel ;pour dire
que si nous voulons connaitre sa culture nous devons d’ abord nous connaitre
nous –même entre nous ; l’autre
raison est que le vent de la
mondialisation apporte ses bienfaits et ses méfaits sur la culture du nègre qui
est entrain de perdre petit à petit son identité culturelle au profit de celle de l’occident (qu’ on juge
d’être meilleure et supérieur ) jusqu’ à même à pousser le nègre à rejeter son histoire, or
, nous le savons bien , qu’un peuple sans histoire est un peuple sans âme ;il
n’ aura d’ ailleurs pas de la valeur
devant un autre peuple qui possède son histoire .Voilà les raisons qui nous
pousse à élaborer ce travail
Notre travail sera structuré en deux chapitres.
Le premier va porter sur la théorisation de la médiation des savoirs. Le
deuxième chapitre va porter sur l’implication de la médiation des savoirs chez
les ngombe par « Isango». Ce rite a
été transmis oralement de bouche à l’oreille,
de génération en génération jusqu'à nos jours.
CHAPITRE I : LA THEORISATION DE LA MEDIATION DES SAVOIRS
Nous
voulons, dans ce chapitre, théoriser l’intitulé du cours (la médiation des savoirs).
Avant d’y arriver nous allons expliciter les différents concepts qui
constituent notre introduction en vue d’aider nos lecteurs à une bonne
compréhension. Ces différents concepts sont : la culture, la tribu, la
médiation et les savoirs.
I.1. La culture
La
culture au sens anthropologique ou sociologique a été définie de façon variée
mais en se référant toujours à un objet vaste. C’est d’abord à l’anthropologie
dite culturelle que l’on doit les premières définitions à prétention
scientifique : pour Tylor est culturel « tout complexe englobant les
connaissances, les croyances, l’art, la morale, les lois, les coutumes et les
autres capacités acquises par l’homme en tant que membre de la société[1].
Le
sociologue canadien Guy Rocher propose une définition canonique de la culture
au sens des sciences sociales, pour dire qu’elle est constituée des
« manière de penser, de sentir et d’agir, plus ou moins formalisées qui
étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une
manière subjective et symbolique, à constituer une collectivité particulière
distincte »[2].
C’est un ensemble des structures
sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui
définissent un groupe, une société par rapport à une autre. Ensemble des convictions
partagées, des manières de penser et d’agir qui orientent plus ou moins
consciemment le comportement d’un individu ou d’un groupe. Ensemble des
connaissances acquises dans un ou plusieurs domaines.[3]
I.2. TRIBU
Est un groupement de familles ou de clans vivant sur un territoire
déterminé, doté d'une langue, d'une culture et d'une organisation sociale
spécifiques.
I.3. MEDIATION DES SAVOIR
Un medias est un canal par le quel passe un message, la médiation des savoirs est alors comprise ici comme la manière dont se transmet un savoir dans un milieu
CHAPITRE II : LE RITE DE MEDIATION DES SAVOIRS CHEZ LES PEUPLES NGOMBE
II.1. BREVE PRESENTATION DE LA CULTURE NGOMBE
Dans cette section, il est question de
faire une brève présentation de la culture « ngombe », en ce qui
concerne son origine, son histoire et la population qui la constitue. Les
ngombe sont un peuple adorant la danse, la musique et les
proverbes. A travers ses derniers, ils trouvent les moyens faciles de donner la
formation et l’information, de transmettre les messages, d’évoquer les esprits,
d’éduquer et de sanctionner. En ce sens, la médiation des savoirs chez les
ngombe passe à travers ces différents
moyens de transmissions des messages. A travers celle-ci ils prodiguent des
conseils, ils informent des événements joyeux tout comme malheureux,
I.1. Historique du peuple Mongo
Nous retrouvons les ngombe , plus précisément dans la province de l’Equateur, Leur histoire est un peu compliqué car elle est plus connue oralement . certains disent qu’ils sont venus du Soudan , ont traversé le Cameroun et la RCA pour arriver au nord de la RDC où ils ont eu à lutter contre les Mongo pour occuper les régions de Bolomba ,Lisala ,Bongandanga ,Bosobolo, Mongala etc.
[1]
BOURDIEU, P., et PASSERON J-C., Les étudiants et la culture. Paris, Les
Editions de Minuit, 1964, p.11
[2] Idem
[3] Ibid,
p293
I
HISTORIQUE DU PEUPLE NGOMBE
Ce chapitre expose le
peuple ngombe dans son origine, dans l’organisation de sa société bref son
mode de vie à l’époque précoloniale et de nos jours.
I.1
Situation géographique
Les ngombe sont un
peuple vivant principalement des la province de l’ Equateur c’est –à-dire dans le
Nord –Ouest de la RDC.
La vie de ce peuple d’
eau[1] est
étroitement liée à celle du fleuve congo. Les ngombe sont souvent assimilés aux
bangala ,appellation que l’on donne à tous les habitants limitrophes du fleuve
de l’Equateur. On les retrouve principalement dans les regions de :Lisala
,Bolomba ,Mongala ,Basankusu ,Bongandaka etc .
Certains racontent qu’ils
font parti des premiers bantous qui vivaient en foret humide et s étaient
adaptés au milieu de la savane en s’étendant vers le sud du Cameroun ,
soudan et au Gabon suite aux conflits des chefs ethniques.Ainsi ,après avoir
fait des très longues marches ,des guerres entre les ethnies habitants le Nord
du pays ,ils atteindront le bassin de la Mongala ,Lisala,,etc. où ils ont
crée un veritable foyer jouant le rôle de lieu de rassemblement des plusieurs
tribus au début de la seconde moitié du 19è siècle ; c’est ici qu’on verra
les ngombes se diviser en plusieurs groupes et prenant les différentes
directions . Les uns descendent plus au sud de l’Equateur où ils installent à
Bongandanga et à Basankusu , les autres prendront la direction de la
cuvette centrale chassant devant eux plusieurs groupes mongo jusqu’ à
s’installer à Bolomba .L’occupation des ngombe fut un processus d’ une longue
durée, Ils sont les derniers venus par rapport aux ngbandi , ngbwaka, libinza
et surtout les pigmées .
NB :les ngombe
sont dangerux et guerriers .Une mauvaise chose dans la quelle ils
excellent( c’est la magie.)
I.2
Caractéristiques anthropologiques .
Les ngombes ont une taille normale mais on peut trouver ceux qui sont très
élancés.
I
.3 Structure politique et sociale
Les ngombes qui
occupaient près de 2 /5de la population de l’Equateur , depuis les migrations sont un peuple qui
accorde une grande valeur au chef coutumier
appelé « kumu ».Celui-ci avaient un pouvoir absolu , héréditaire
et sacré car il était considéré comme l’intermédiaire entre les vivants et les
morts .En d’ autres termes c’est le kumu
qui savait prévoir le danger ou le malheur qui guettaient la société pour le
bien être de sa population ,il incarnait même la sorcellerie dite
« protectrice »du village. Le kumu
jouait à la fois le rôle de griot et de guérisseur en même temps avec le
pouvoir d’esprit ancestral .
La société ngombe était
très hiérarchisée , elle était divisée
en classe sociales sociales bien respectables à savoir :
§ La
classe des ainés de la famille qu’on
appelait « nsomi »qui sont des heritiers ,la priorité leur était
accordée.
§ La
classe des gardiens des coutumes :ils sont choisis uniquement selon
certains critères coutumiers .L ‘ âge n’est pas une condition essentielle
§ La
classe des oncles et des neveux appélés « noko » :un malheur
frappait parfois le village lors qu ‘ils se sentaient pas satisfaits dans leur
demande
I.4 Langue
Leur
langue est le ngombe,une langue dont les locuteurs sont à 150.000 en 1971[2]
I.5
Régime alimentaire
Le
régime alimentaire des ngombe se caractérise par la prédominance féculent ,parmi
ce , le manioc occupe une place de choix. La consommation de la viande de l’
élevage est très réduite .La viande de bœuf n’est presque pas consommée dans
leurs milieux .La consommation de produit de pèche et de chasse est très
élevée (poisson ,tortue ,crocodile , serpent ,l’ anguille etc.).
I.6 L’art
On trouvait rarement la
sculpture chez les ngombes. Les maisons étaient construites en argile, en bois
,et en paille. C’est avec l’arrivée de l’homme blanc qu’on a commencé à
construire des maisons en briques cuites.
Pour ce qui est de la
musique , chacune d’elles étaient significatives. Entre autre :
§ Le ikpeti : chantée soit pour commémorer un
gardien des coutumes disparu ,soit pour honorer une personne de grande
valeur ,un dignitaire de la vie .IL faut également noter que cette musique était accompagnée d’un sacrifice
humain ,très souvent dans le passé ,il était question d’égorger un esclave
en public ,mais avec l’arrivée des missionnaires ,l’esclave a été remplacé
par une chèvre.
§ Le
manku : chanté uniquement par les femmes pour se souvenir d’un bien fait
venu dans la famille
§ Le
isango : pour la fin d’une période d’initiation ‘intronisation était uniquement réservée aux
jeunes filles qu’ on considéraient comme des petites reines honorées et
interdites de tout travaux.
§ Le
Bwaé : pour la sortie de la jeune
fille qui venait d’accoucher pour la première fois après avoir été retraitée
pendant des mois .
§ Le
mosingo : chantée par les hommes appélés « nganga »dans l’idée
de chasser le malheur en invoquant l’esprit des ancêtres pour qu’il apporte le
bonheur.
I.
7 Le sport
Les hommes pratiquaient
la lutte , le lancement de javelot et la course aux pirogues et les
femmes elles , jouaient à la rivière ,chantaient , tapaient l’eau et
faisant résonner les sons de tombour et
de tam-tam.
I.8
Quelques petites inventions traditionnelle
Le ngombe excellait
dans l’art de fabriquer des pirogues qui servait au moyen de transport à tout
le monde .Ils fabriquaient également
leur tam-tam , le lokolé ,la corne(mopaté) , likembe ,la ngong
etc. Le ngombe utilisait egalement le cuivre pour fabriquer les armes de chasse
tels que le ngbange ou ikonga(lance),le likpangola ou ngwa :cette machette
n’ était pas comme toutes les autres .cette épée était grand et gardée
dans sa housse fabriquée en peau de bête et ne le sortait qu’ en cas de problème et au cas où
la machette aurait été sortie , elle ne devait pas retourner dans la
maison sans avoir blessée quelqu’un et
si l’épée n’ a pas peu blessé quelqu’ un , la personne qui l’ a sortie devrait se blesser lui-même avec sinon il est
sujet de moquerie aux yeux de tous .
I.8.
Education à la vie
La transmission des
savoirs se faisait selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçons. Pour dire que
le critère sexuel était le fondement à l’éducation à la vie . les jeunes
adolescents étaient regroupés par les vieillards dans la savane et les jeunes
filles par les veille mère.
I.9
Economie
Elle était basée sur
l’agriculture mais beaucoup plus la pèche et la chasse pratiquées sur les rives
et font du commerce en amont et en aval [3].L
‘échange se faisait au moyen de troc ; c’est seulement avec l’arrivée de
l’homme blanc qu’il y a aura la monnaie.
I.10
Funérailles
Les ngombes respectent
beaucoup les morts et croient à la survie après la mort .Le deuil d’une
personne ordinaire durait 7jours et celui d’un chef coutumier 40jours .Comme
,les ngombes croyaient à la survie après la mort ,le chef coutumier était
enterrait avec un esclave qu’on égorgeait ou qu’on enterrait vivant pour qu’il
ait le servir .Il reste à vérifier si cette pratique est toujours d’usager avec
l’évolution de temps
L’homme ou la femme qui
perdait son conjoint avait la tête rasée et ne se lavait pas jusau’au jour de
l’enterrement du defunt ,son alimentation était controlée. Avec le temps beaucoup des coutumes ont
disparu , d’autres tentent encore à
disparaitre surtout avec l’arrivée des missionnaires qui les conscientisaient et
dans ce que ces coutumes avaient de négatif et surtout que beaucoup portaient atteinte au
droit de la personne .C’est ainsi que le ngombe avait décidé d’abandonner
certaines coutumes et pratiques néfastes pour soit le remplacer par un rite
religieux ,soit il ne le pratique pas seulement.
II La présentation du
rite « Libota Lboso » chez les ngombe
Ce rite est pratiqué à
l’intention d’un premier né dans la famille. La femme qui vient d’accoucher et
internait pour une période de 6 mois .Pendant ce temps ,elle est encadrée
par les femmes expérimentées qui prennent soin de son bain quotidien .Durant
cette période ,la mère est embellie de façon
qu’ à sa sortie elle attire le regard de toute la communauté ;elle est
egalement soumise à un régime alimentaire :elle est nourrit à base de
potage ,feuillage ,gibier ,poisson frais et fumés pour son bien être et celui de l’enfant ,elle est également nourrie
des bananes plantains ,feuilles de manioc ,papaye ,patate douce .
A la sortie , la
jeune mère est vêtue de rapia .A l’époque précoloniale ,il n’y avait que ca comme habit et cet habit ne couvrait que le
sexe, les seins et toute la
poitrine étaient livrés au spectacle des
yeux ;mais si actuellement le femmes mettrait un rapia c’est tout simplement
pour montrer leur attachement à la coutume .
Elle est maquillée à
l’aide de la poudre naturelle appelée « ngola », qui est le symbole
de la protection de la mère et de l’enfant contre les attaques mystiques.
Elle est tatouée et
porte deux plumes à la tête , symbole de dignité .
Les cloches faisant du
bruit lui sont attachées à la cheville
pour que tous les membres de la communauté lui reconnaissent de loin à sa sortie.
On lui applique également
l’huile de palme qui la protège contre les irritations de la peau et surtout contre
d’autres attaques mystiques .
Le rite de premier né
est un rite d’intégration parce que la jeune femme quitte le statut de simple épouse
vers celui de la jeune mère .Ainsi sa belle famille a l’obligation de la
traiter avec beaucoup de respect car désormais elle est devenue mère d’une
postérité .Ce rite est un rite exclusive parce qu’il est seulement réservé aux
femmes qui viennent d’accoucher d’ un premier né .A la fin de tout , un
grand festin est alors organisé (des danses , chants , vins etc.) en honneur de
la femme et de son bébé dans le quel tout le village devrait y participer .La
mère devra circuler a travers tout le village pour se faire voir aux cieux et
aux yeux de tous qu’elle est là après n’avoir pas été là pendant des
mois .Les membres du village offrent des présents pour la souhaiter
bienvenue à elle et à son bébé.
Conlusion
Notre travail a porté sur les savoirs transmis derrière le
rite « libota liboso » chez les ngombes . ce rite comme nous l’avons
dit est uniquement réservé aux femmes qui viennent d’ accoucher de leur
premier né. Ce rite renferme plusieurs
symboles selon le signe qu’ on utilise sur le corps de la mère ou du nouveau
né. Elle permet d’intégrer la nouvelle maman à la communauté des mères
c’est la chose la plus importante qui soit pour ce rite.
Bibliographique
1 Burssens ,Les Peuplades de l’
entre Congo Ubangi,Musée royal de Belgique ,Tervuren,1958,219p.
2 Olson J.C ,The people of Africa
,1996,p.433
Webographie
www.publication de Morice
Mondengo sur les ngombes
[1] Burssens
,Les Peuplades de l’ entre Congo Ubangi,Musée royal de Belgique
,Tervuren,1958,219p.
[2] Olson J.C ,The people of Africa ,1996,p.433
[3] www.publication de Morice Mondengo sur les
ngombes

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