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mercredi 8 janvier 2014

LANGUES NATIONALES ET L'INTELLECTUEL KINOIS


Cet article est le resultat de mes rechereches efféctuées dans le cadre de mon travail de fin de cycle sur les langues congolaises, en particulier, le lingala .
0.    INTRODUCTION

0.1.    PROBLEMATIQUE

Notre étude porte sur le comportement de l’intellectuel Kinois face aux langues nationales, cas du Lingala.

Depuis l'époque coloniale où le pays était sous le régime belge, le français  est la langue officielle, langue d’administration et du travail en République Démocratique du Congo. Il a également été maintenu comme langue officielle lors de l’accession du pays à l'indépendance. Le français facilite la communication entre les différents groupes ethniques et tribaux de la RD.Congo ainsi que le reste des pays membres de la francophonie. Pendant cette période coloniale, le français est resté pour « l'évolué congolais » un symbole de prestige. Il a été considéré comme la condition nécessaire et essentielle à toute promotion sociale : un travail rémunérateur, un changement de grade ou de statut, la considération. C'est aussi le français qui servait de référence pour définir le niveau d'intégration ou d'assimilation.

La République démocratique du Congo est le premier pays francophone au monde. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé le quatorzième sommet en Octobre 2012. Le pays fait aussi partie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Une minorité grandissante parle couramment le français (environ 15 millions de personnes dont 3 millions parfaitement selon une estimation de l'ambassade de France et 31 millions selon l'estimation de l'Organisation Internationale de la Francophonie en 2010). En effet, langue officielle, le français est la langue principale de l'éducation, et la langue de l'administration, des médias et des affaires. Le français de la république démocratique du Congo, ancienne colonie belge, a beaucoup emprunté au français de Belgique et au wallon.  Ce qui veut simplement dire que le français demeure le principal vecteur de communication officielle; mais cette situation n'est pas particulière au Congo-Kinshasa. En effet, « en Afrique noire francophone, le français est la langue officielle ou une des langues officielles dans la plupart des pays, et reste la principale langue véhiculaire à l'échelle continentale, mais dans la réalité concrète des Etats il partage ce  rôle avec beaucoup d'autres langues africaines qui remplissent de plus en plus les fonctions de langues d'échanges (véhiculaires) dans la vie pratique ».

C’est dans le cadre de cette complémentarité qu’en plus du français, langue officielle, la loi congolaise reconnaît quatre langues nationales : lingala, swahili, kikongo et tshiluba. La plupart des Congolais parlent plusieurs langues.

L’expérience nous montre que les locuteurs des quatre langues nationales se repartissent de la manière suivante sur l’étendue du pays : Lingala (Kinshasa et Equateur), Tshiluba (Kasaï Oriental et Kasaï Occidental), Kikongo (Bandundu et Bas-Congo), Swahili (Katanga, Province Orientale, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema). Sous le règne du feu maréchal Mobutu, le lingala était devenu presque la langue de l’armée et de l’administration. Aujourd’hui, tout le monde veut s’exprimer en Swahili pour l’une ou l’autre raison.
Au lendemain de l’indépendance, l’on s’attendait à ce que les nouvelles autorités du pays adoptent de nouvelles politiques afin d’affirmer leur indépendance politique, économique et linguistique car on ne peut se dire indépendant si on continue à réfléchir et à s’exprimer à travers une langue qui est étrangère à son milieu et à sa culture. Malheureusement, c’est le contraire qui a été fait.  Cette attitude se remarque encore aujourd’hui chez l’intellectuel congolais en général et kinois en particulier qui préfère que son enfant s’exprime en français non seulement à l’école mais aussi et surtout en famille, jetant ainsi aux oubliettes le lingala comme langue nationale parlée à Kinshasa.

Face à cette situation, nous nous posons les questions suivantes : pourquoi l’intellectuel kinois privilégie-t-il le français (langue étrangère) et parfois l’anglais au détriment du Lingala qui est sa langue nationale ? Qu’est-ce qui explique ce comportement  de rejet de la langue nationale et n’y recourir qu’en cas de besoin? Quelle est l’importance de la langue nationale ? Telles sont les questions auxquelles nous tentons de répondre dans cette étude